Quelque part sur la 20

Publié le par Clemz

diptyque-autoroute-enseigne-pixlr-web.jpg

 

AU COMMENCEMENT…
Fut un temps, le voyage Québec-Montréal était marqué par un point visuel incontournable, le Madrid. Ce phare indiquait le milieu du voyage sur cette longue et pénible autoroute 20. Son toit rouge, à référence espagnole, se
démarquait de la masse sombre que formaient les épinettes défilants à 119 km heure.

 

Le Madrid, jonction symbolique où s’effectuaient les changements de garde. C’est autour d’une bonne grosse poutine ou d’une savoureuse pizza que le bilan de la semaine ou du week-end, c’est selon, se faisait. Mais que pouvait donc se cacher dans cet antre burlesque, château fort gardé par de nombreux dinosaures accusant leur âge. De loin, nous pouvions apercevoir ces impressionnants monster truck, véhicules gigantesques entourés d’une aura de fuel et de testostérone.

 

Est-ce que le Madrid était kitsch? Oui il l’était, si on prend le kitsch dans sa forme originel, pas une espèce du glamour-kitsch. Le Madrid symbolisait le kitsch à outrance et, malgré cette aideur assumé, le Madrid avait sa place dans notre esprit collectif. Depuis sa disparition, nous avons perdu notre repère indiquant le milieu du chemin Québec-Montréal. La route terne a repris son long mouvement de sapinage et de champs monotones.

 

Voilà au-delà de cinquante-cinq ans que cette «institution» surplombait la route avec son aura de mystère. Maintenant,
qu’est-ce qui prendra cette place?

Publié dans Lomographie

Commenter cet article